Nous célébrons, lors de cette session des Journées Théâtrales de Carthage, un anniversaire dont la symbolique est importante : cela fait trente-cinq ans qu’une idée a progressivement essaimé le parfum d’une passion qui a attiré fidèles et inconditionnels. Une idée qui a, ensuite, été entretenue par d’autres qui cultivèrent ce sol pour en extraire une matière essentielle dont la richesse a valorisé cet héritage avant de le transmettre à des continuateurs infatigables. Enceinte, la mémoire de ces semences illumine les sillons d’un terreau désormais fertile et qu’il est temps d’explorer pour  entrevoir des vendanges à venir.

Collecter les fragments épars de ces héritages pour les questionner, les documenter, les inscrire dans les pages de notre histoire, loin du figement muséologique, pour que cette mémoire dialogue avec sa propre épaisseur et se (re)découvre dans son échange avec l’autre.

Il est, plus que jamais, nécessaire de puiser dans notre imagination pour célébrer cet héritage, saluer ceux qui le préservèrent, en tirer des enseignements qui aident à dresser un bilan ouvert sur l’avenir. Nous le ferons à travers une écoute attentive des nouvelles générations des théâtres tunisien, arabe et africain et de la grande diversité des expériences et des rencontres théâtrales qui s’organisent à travers le monde.

Dans ce processus historique riche, nous faisons, aujourd’hui, un état des lieux de ces acquis du passé en rendant hommage à certains grands noms de la création théâtrale qui nous ont quittés : nous saurons trouver dans les œuvres qu’ils nous ont léguées une force et un espoir essentiels pour la suite de cette belle aventure.

Chers invités, nous espérons vous voir toujours aux Journées Théâtrales de Carthage pour nous alerter et nous aider, ainsi, à faire de ce Festival, ainsi que toutes les autres rencontres arabes et africaines, un Espace de dialogue et d’échange qui aide à transformer notre réalité et notre culture citoyenne. En tant que forme de création habitée par les maux de tous les hommes, le Théâtre nous ouvre, justement, les portes d’une cité où nous réinventerons les formules de notre civisme.

Longue vie aux Journées Théâtrales de Carthage où les créateurs, tunisiens et du monde entier, seront toujours les bienvenus.

Hatem Derbel

Directeur de la 20ème session des Journées Théâtrales de Carthage