Cérémonie d’ouverture officielle de la 21ème édition des Journées Théâtrales de Carthage

Théâtre de l’Opéra

Cité de la culture

 

19 heures sonnantes, à la prestigieuse Cité de la culture.  Le tout Tunis culturel s’est déplacé pour assister à la cérémonie officielle d’ouverture de la 21ème édition des Journées Théâtrales de Carthage qui se donnait au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la culture. Evénement majeur du calendrier culturel, placé sous le haut patronage du ministre des Affaires Culturelles, M. Mohamed Zinelabidine   et auquel ont pris part des membres du corpsdiplomatique accrédité à Tunis, et bien entendu des hommes et femmes de théâtre tunisiens arabes et africains …

Debout, l’assistance a entonné l’hymne national accompagnant la fanfare de cuivres et percussions. Mourad Zghidi qui animait la cérémonie d’ouverture a commencé par présenter la manifestation culturelle qui se tient cette année du 7 au 15 décembre  dans plusieurs espaces de la capitale mais aussi dans plusieurs régions du pays, avant de passer la parole au directeur de la présente session des JTC Hatem Derbal qui a annoncé l’ouverture officielle de la manifestation. Le directeur des JTC a mis l’accent surl’ancrage historique du théâtre en Tunisie dont les racines remontent à plusieurs milliers d’années  et dont les vestiges notamment romaines témoignent du rôle pionnier de notre pays en la matière. «  Carthage restera pour toujours la terre des rencontres » a t-il rappelé  en ce sens où les JTC seront un espace ouvert aux échanges, audialogue entre les civilisations alimentant les réflexions qui donnent les clés de la compréhension  et de l’interprétation de notre quotidien.

La cérémonie d’ouverture au cours de laquelle les membres du jury ont été présentés, ainsi que le programme et les membres du comité directeur aété ponctuée par des intermèdes de musique et de danse concoctés par la troupe de Zouhaier Gouja et d’une performance théâtrale signée Rabii Brahim et interprétée par Saoussen Baya et Aymen Mejri. Parmi les nouveautés de cette session a révélé au public  MouradZghidi, la création d’une application des JTC accessible sur Android ou OIS présentant le programme détaillé de la manifestation et des évènements qui se tiennent en marge des représentations…  Autre point fort de cette édition: le théâtre franchira  les murs des prisons pour offrir au grand public des œuvres pensées et interprétées par des détenus  et qui seront présentées  dans la catégorie « le théâtre de la liberté » dans une démarche libératrice des esprits et des âmes et rappelant que le théâtre ne connait guère de frontière et demeure à tout jamais une expression humaine par excellence  .

 

La direction des JTC a rendu hommage lors de cette cérémonie à des artistes tunisiens, africains et arabes en l’occurrence NedraOmrane (Palestine, Jordanie ), Odile Sankara (Brurkina Faso), Ahmed Jesmi (Emirats arabes Unis), CoffiKwahulé ( Côte d’Ivoire) et Mohamed Charchal(Algérie) , sans oublier les Tunisiens Amal Hedhili, NejiNajah et Mohamed Taieb Shili. L’assistance a réservé un déluge d’applaudissements à l’homme de théâtre tunisien Mohamed Mourali dont l’œuvre a traversé le temps et a marqué plusieurs générations.

Un hommage posthume a été rendu à la mémoire de ceux qui ont quitté la scène artistique en 2019, à savoir Samir Besbes, Sonia Boukaddida, Mohamed Hédi Mernissi, Tahar Echabbeh, Mohamed Gmech.

Un hommage spécial a été réservé à  Raja Ben Ammar qui nous a quittés en 2016 à travers un prix spécial décerné par  l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) remis par M. Ahmed Wild Amar, Directeur général de l’ALECSO ,  à son compagnon Moncef Sayem. Une soirée chargée d’émotion et de grandes retrouvailles entre créateurs et publics.

 

EN OUVERTURE DE LA 21ème EDITION DES JTC

« Kaligula » de FadhelJaziri

C’est l’une des trois représentations théâtrales choisies pour ouvrir la 21ème édition des Journées Théâtrales de Carthage dans leur 21ème édition, une adaptation collective de la célèbre œuvre d’Albert Camus, « Caligula », et présentée sur les planches de la salle du 4ème Art, sur une mise en scène de FadhelJaziri.

En présence d’un public nombreux, la pièce a été présentée dans un décor sobre, fait de tabourets et d’un coussin qui serviront, par leur déplacement successif, à passer d’une scène à une autre, sur un fond musical fait de cet ébruitement d’écoulement d’eau, de pluie et d’un tonnerre incessant.

C’est que les acteurs se présentaient dans l’espace d’un bain maure et dans la tenue qui lui correspond, enveloppés dans des serviettes blanches, sortant des salles intérieures du bain.

Quant au sujet de ce « Kaligula », c’est dans l’essence même de notre réalité, de notre vécu, des rapports qui caractérisent la société d’aujourd’hui. Des personnages qui présentent certains « modèles » spécifiques de cette société, entre le dictateur ou le dominant, le naïf, le soumis et l’insoumise, le pervers et le vertueux… Tous les prototypes de cette triste actualité.

Et à travers les dialogues, les conflits ou les tractations qui s’échangent entre les protagonistes, c’est parfois un sujet social qui est abordé, comme des funérailles, d’autres à caractère politique, puis ce sont les ragots, la mort ou la peur, les magouilles et la spéculation, etc.

Sans fil conducteur entre les thèmes évoqués, un choix formel, les scènes se suivent afin de soulever ces sujets en les mettant en valeur par un jeu scénique et dramatique suggestif.

Le tout dans l’esprit du Caligula de Camus, mais un « Kaligula » local, à la tunisienne en quelque sorte…