Et voilà c’est reparti pour une nouvelle édition des Journées théâtrales de Carthage (JTC). C’est la 20e édition. L’édition de la célébration du 35e anniversaire de la naissance de ce festival bien ancré dans l’histoire. Notre histoire. Festival dont la création est à l’origine : une concrétisation des efforts fondateurs de générations qui ont contribué non seulement à l’existence d’un théâtre tunisien mais aussi au développement de la pratique théâtrale. C’est aussi une consécration de l’Etat national qui a misé sur cet art comme outil et vecteur de réforme, d’éducation et de la consolidation de l’identité nationale.

Et comme Carthage est au cœur du monde, les Journées théâtrales de Carthage constituent le cœur battant des théâtres arabe et africain. Le repère qui attire à chaque édition des créateurs des quatre coins du monde. Des artistes de divers horizons qui viennent chaque année prendre part à ce festival qui se veut une plateforme ouverte pour toutes les créations, les idées et les initiatives artistiques. Le festival est aussi un espace ouvert pour le partage, l’échange du concret comme de l’imaginaire, l’interaction culturelle à travers diverses expériences créatives et thèses esthétiques distinguées, arabes, africaines et internationales.

 

Et les Journées théâtrales de Carthage sont aussi des journées tunisiennes par excellence, qui se déroulent au rythme des mutations nationales dans le domaine de la culture, et des programmes appuyant le principe de décentralisation culturelle grâce à la présence de ce festival dans les régions. C’est encore une fois une confirmation du droit du citoyen au savoir, au divertissement, à la culture. La présence des JTC dans la ville comme dans la Cité, dans les places et les espaces publics est sans doute une célébration de la vie. Quand les JTC célèbrent la Journée des droits de l’Homme, le 10 décembre, qui marque également cette année la célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, c’est aussi une reconnaissance du fait que le théâtre est l’art de réclamer le droit.

 

Nous espérons que cette vingtième édition sera extraordinaire et restera profondément ancrée dans l’esprit de nos hôtes comme du public du festival qui célèbre deux importants théâtres, le théâtre palestinien à l’échelle arabe et le théâtre burkinabé à l’échelle africaine et qui offre à voir une importante sélection d’œuvres théâtrales arabes, africaines, asiatiques, européennes et évidemment tunisiennes. La 20e édition propose également à notre grand bonheur des créations théâtrales des centres des arts dramatiques régionaux, des pièces de théâtre pour petit et jeune publics, des pièces de théâtre qui ont été produits dans des établissements carcéraux. Et comme l’artistique va de pair avec l’académique, et la pratique avec la recherche, le programme comporte aussi des hommages, des consécrations, des rencontres-débats, des colloques, des workshops, des lectures théâtrales et des stages.

Que cette vingtième édition soit une réussite grâce à votre belle et importante présence dans les espaces de créativité, dans ces tribunes artistiques de liberté et de citoyenneté.

Vive la Tunisie, la terre de la culture, de l’art, du dialogue et de la différence, et longue vie aux JTC qui nous réunissent.

 

Mohamed Zinelabidine

Ministre des affaires culturelles